Madagascar: L’opportunité pour une nouvelle voie en faveur de l’accès à la justice pour les défenseurs des droits Humains et environnementaux

By Jazzy Rasolojaona 24 January 2019
Fokonolona ou communautés locales d'Andranobe Antsirabe Vakinankaratra manifestant contre une tentative d'expropriation de leurs terres _ (c)Henri Rakotoson, TAFO MIHAAVO

Jazzy Rasolojaona argues that the return to power of Madagascan president, Andry Nirina Rajoelina, represents an opportunity to push forward more protections for environmental rights defenders. He calls on civil society and NGOs to advocate for the strengthening of the legal recognition and protection of these defenders, particularly because there are increasing threats to their lives and autonomy. Raising your voice is not easy, and can be dangerous. Action 172 could be a starting point for moving towards these protections.

Madagascar- Est-ce un autre chapitre d’espoir qui vient de s’écrire dans l’histoire ? Suite à la cérémonie d’investiture tenue sous la bienveillance de la Haute Cour Constitutionnelle Malgache le samedi 19 janvier 2019, Andry Nirina Rajoelina est officiellement le second Président de la Quatrième République de Madagascar.

Le poids de la responsabilité du Président est lourd pour répondre aux attentes des 22 millions de malgaches. Plusieurs défis sont à relever pour redresser la situation socio-économique du pays, améliorer les conditions de vie de sa population et renverser la tendance alarmante de la dégradation de ses si convoitées ressources naturelles. Mais dans son discours, le Président démontre sa motivation en nouant son engagement à travers le « velirano » (pacte ou serment sacré de fidélité dans la coutume malgache).

Le programme qui ambitionne de mener le pays sur la voie de l’émergence est ancré dans l’Initiative Emergence de Madagascar (IEM). Celui-ci intègre un objectif stratégique sur la Justice et l’Etat de droit, une des priorités selon le président. Les actions convenues pour cet objectif consistent en général à l’établissement d’un système judiciaire indépendant, transparent et performant, à l’actualisation des textes juridiques en harmonie avec les circonstances actuelles et les engagements internationaux, à la dissémination des textes, à la mise en place de cliniques juridiques pour une justice de proximité, à la lutte contre la corruption et également à la protection des dénonciateurs.

Le moment est ainsi opportun pour le groupe d’organisations de défense des droits humains et les organisations de la société civile de plaidoyer et de proposer des actions plus particulièrement en faveur de la protection des défenseurs des droits de l’Homme et de l’Environnement (les sonneurs d’alarme ou les dénonciateurs des actes frauduleux des exploitants de ressources naturelles ou de la corruption des acteurs publics et privés) – de leurs proches et de leurs familles. La reconnaissance légale et la protection des défenseurs des droits humains et de l’environnement est cruciale pour qu’ils puissent opérer sans contraintes induites par les intimidations, les menaces diverses, les représailles voire les violences physiques.

(c) Henri Rakotoson, TAFO MIHAAVO

Rappelons que ces récentes années ont marqué plusieurs manifestations sociales face aux projets de développement environnementaux. Le projet d’exploitation aurifère à Soamahamanina, les activités de pêche industrielle ou encore le projet d’extraction d’ilménite dans le Sud – les deux derniers qui font actuellement rage – sont entre les cas sur lesquels les populations locales ont élevé leur voix pour faire entendre leur désaccord. Mais élever la voix n’est pas toujours facile voire même dangereux. Les militants écologistes sont souvent des cibles à réduire au silence. Tel a été le cas de l’affaire Clovis Razafimalala, incarcéré pour avoir dénoncé les trafics de bois précieux, ou encore de Raleva, condamné à deux ans de prison avec sursis pour s’être opposé à un projet d’exploitation aurifère. Les organisations de la société civile dénoncent ces faits tesl que l’usage arbitraire des arrestations et des détentions contre ceux qui dénoncent les actes frauduleux ou portant atteinte aux droits et intérêts des populations locales.

La perspective du IEM sur la « mise en place de mesures de protection des personnes dénonçant des irrégularités aux contrôleurs ou aux responsables concernés » (Action 172) semble être une bonne base. Mais cette action devrait s’élargir surtout dans le cadre de la gouvernance environnementale et de la protection des droits humains, que ledit programme aspire d’ailleurs à intégrer dans l’éducation citoyenne.

STAY CONNECTED! SIGN UP HERE >>.
POWERED BY THINKTEAM