Natural Justice dévoile les résultats d’une étude inédite et appelle à briser la « parité de façade » pour libérer le pouvoir d’agir des femmes

By Natural Justice

Alors que les communautés littorales sénégalaises subissent de plein fouet les effets dévastateurs des changements climatiques, l’ONG Natural Justice publie un rapport de recherche-action intitulé : « Au-delà de la façade : Libérer le pouvoir d’agir des femmes face au défi climatique au Sénégal ».

Menée entre 2024 et 2026 à Bargny, Cayar et dans le delta du Saloum avec le soutien financier du Centre de recherches pour le développement international (CRDI), cette étude met en lumière un paradoxe alarmant : malgré les avancées législatives sur la parité, les femmes de l’économie littorale restent largement exclues des véritables leviers de décision et de financement face aux crises environnementales.

L’illusion de l’inclusion et l’asphyxie par le microprojet

Le rapport déconstruit avec rigueur ce qu’il qualifie de « participation de façade ». Si la présence numérique des femmes est parfois visible dans les instances locales, leur pouvoir d’influence réel se heurte à un « habitus patriarcal » tenace. L’étude révèle comment la surcharge de travail domestique (la pauvreté en temps), la rétention de l’information par certaines élites et le manque d’accès sécurisé au foncier confinent les productrices dans un rôle de second.

De plus, Natural Justice lance un cri d’alarme contre les approches traditionnelles du développement : « L’asphyxie des groupements de femmes par des microprojets cosmétiques et dépolitisés ne résoudra pas la crise climatique. Il ne s’agit plus de traiter les femmes comme des victimes passives à assister, mais comme des actrices politiques majeures de la gouvernance environnementale et climatique », déclare Sokhna Dié Ka Dia, Directrice Régionale de Natural Justice pour l’Afrique de l’Ouest et Francophone.

Un modèle d’autonomisation juridique comme levier incontournable

Face à ce constat, le rapport ne se contente pas de critiquer ; il trace la feuille de route d’un changement systémique à travers un modèle basé sur trois piliers transformateurs :

  1. L’alphabétisation juridique: permettre aux femmes de s’approprier les textes de loi (Code de l’environnement, Code pastoral, lois foncières, etc.) pour affirmer et défendre activement leurs droits.
  2. La maîtrise de la conceptualisation climatique : Traduire et ancrer les concepts climatiques en langues locales pour que les productrices participent d’égal à égal aux débats techniques.
  3. Le leadership transformationnel : Structurer des réseaux de solidarité intragenre pour briser les monopoles de pouvoir et influencer directement les budgets et politiques climatiques locaux, nationaux et internationaux.

Natural Justice appelle l’État du Sénégal, les collectivités territoriales et les partenaires au développement à intégrer ces recommandations dans la mise en œuvre des documents politiques et des textes. 

À l’attention des rédactions :

  • Quoi : Lancement officiel et présentation des résultats de la recherche-action de Natural Justice.
  • Quand : le 15 juillet 2026
  • Où : Hôtel Axil
  • Qui : En présence des autorités institutionnelles, des représentantes des communautés de Bargny, Cayar et du Saloum, des OSC et PTF ainsi que des équipes de Natural Justice.

« Au-delà de la façade : Libérer le pouvoir d’agir des femmes face au défi climatique au Sénégal ».

14 July 2026

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