Earth Day Reminds us that we Borrowed the Earth from our Children

By Thaddée Adiouma SECK

« Que le sage vive en son village, comme l’abeille recueille le nectar sans abimer la fleur dans sa couleur et dans son parfum » Canon Pali, 500 av J-C

La semaine dernière, nous avons célébré la Journée de la Terre. Je ne peux m’empêcher de croire que les moments sombres que traverse l’humanité trouvent quelque peu leur cause dans notre rapport à la Terre. Je suis même tenté de faire mienne cette boutade d’Agron D’Agrigente (Ve siècle av. J.-C.) qui, en chassant la peste qui avait envahi Athènes à l’aide de bois aromatiques, s’est exclamé : « l’épidémie vient de l’air ». Non pas pour m’engager sur l’éternel débat autour de l’origine de cette pandémie, mais juste pour soutenir que cette « maladie est due à un déséquilibre entre le dedans de l’homme et le dehors, son milieu proche ». Une autre espèce vivante de la biosphère a sans doute été perturbée, conduisant à un déséquilibre de tout l’écosystème. Quoiqu’il en soit, ces moments sombres de notre histoire forcent à un recul qui nous laisse voir que nous sommes sans pitié à l’égard de la Nature. Ces derniers siècles nous ne lui avons offert aucun répit. Une course folle à la croissance a fini par faire oublier à l’homme qu’il n’est pas la seule espèce vivante sur terre. Cette terre mère nourricière, nous l’avons tellement éprouvée que nous avons déjà inauguré notre entrée dans l’ère dite anthropocène, vous savez, cette ‘‘ère dans laquelle c’est l’homme, et non plus les forces naturelles, qui représente le premier moteur des transformations planétaires’’.

Nous avons voué un respect presque divin à ce commandement de Descartes : « se rendre maitre et possesseur de la nature ». Il a longtemps été le dogme dont s’est nourri nos politiques les plus révolutionnaires, nos programmes les plus ambitieux, nos actions les plus banales. Aujourd’hui, force est de reconnaitre que « nous ne sommes plus un petit monde sur une grosse planète mais un énorme monde sur une minuscule planète ayant atteint son point de saturation » (Johan Rockström, avant-propos « Rapport Planète Vivante 2016 Risque et résilience dans l’Anthropocène », WWF, 2016, p. 5). A force de nous empêtrer dans nos théories et nos conceptions anthropocentristes pensées sous l’unique l’ornière de « l’économicité », nous avons fini par faire montre d’une barbarie sans pareil à l’égard de la Nature, ignorant toutes ses souffrances et nous refusant systématiquement de nous mettre à son écoute.

Et malgré les avertissements qu’elle n’a cessés de nous envoyer et qu’une poignée de scientifiques ont relayés, nous avons continué à faire la sourde oreille. Justifiant nos refus par des raisons économiques ou tout autre alibi les uns souvent aussi saugrenus que les autres. Aujourd’hui, qu’on l’accepte ou pas, la Nature reprend ses droits. Les droits qu’on lui avait refusés depuis longtemps, les droits que l’homme a si souvent ignorés, bafoués, malmenés, sont en phase d’être reconquis. Hélas, la Nature hier domestiquée se fait aujourd’hui menaçante, à notre plus grand malheur. Le semi-confinement décrété dans mon pays le Sénégal, même s’il apparait comme une pertinente mesure d’endiguement de la pandémie, appauvrit une importante frange de la population. Cette population qui, par les errances de nos politiques économiques et budgétaires, est obligée de vivre au quotidien dans l’incertitude du lendemain.

Ce qui est sûr, c’est que le Coronavirus aura révélé les tares de nos sociétés et mis à nu nos incohérences et nos paradoxes. Une autre espèce vivante, vient en outre nous démontrer que la nature n’a besoin d’aucun instrument juridique, d’aucune politique, d’aucun programme pour rétablir et maintenir son équilibre. Elle sait reprendre ses droits quand vient le moment. Elle a réussi là où une vingtaine de COPs sur le Changement Climatique ont échoué. Elle a fait réagir là où plusieurs conventions relatives à la protection de l’environnement n’ont pu faire bouger les lignes. Elle a fait réfléchir là où des milliers de déclarations et de résolutions n’ont suscité le moindre intérêt.

Que d’articles lisons nous du fond de nos lieux de confinement et qui nous annoncent le renouveau des éléments de la nature.

  • Dans la région parisienne, on nous annonce que l’air n’avait pas été aussi pur depuis 40 ans.
  • En chine, des images satellites de la NASA avaient montré une baisse significative de la pollution en partie liée au ralentissement de l’économie provoquée par l’épidémie.
  • Pour la première fois depuis une trentaine d’années, les sommets de l’Himalaya sont visibles à 200km à la ronde, permettant aux habitants du Penjab de s’en délecter.

Par ces informations, établies ou pas, nous avons tous constaté que cette période de confinement a permis à la Nature de nous offrir, encore une fois, tout ce qu’elle de plus beau. De mon quartier Dakarois si pollué, je réentends le chant des oiseaux, les nuages de fumée qui s’échappaient fièrement de « Mbeubeuss (dénomination du plus grand dépotoir d’ordures à ciel ouvert de la région de Dakar) » ont fait place aux nuages du ciel m’offrant chaque matin un paysage inédit, l’air si souvent chaud est devenu frais, comme par miracle.

En cette journée dédiée à la Terre, notre référence à la nature ne devrait plus être de l’ordre des vœux. Mais bien plus. Ce contexte si particulier devrait bousculer nos agendas pour que les programmes de protection de l’environnement ne soient plus sujets à des attitudes de procrastination lancinante, mais qu’ils soient une bonne fois pour toute exécuter avec la même hardiesse que les politiques monétaires, les mesures d’incitation à l’investissement et les mesures économiques sont exécutées. Sonnons le glas de l’indifférence et cherchons à vivre en harmonie avec notre Terre mère nourricière. Car « ils » ne nous le diront jamais assez « la terre ne nous appartient pas, nous l’avons empruntée à nos enfants ». Daignons la rendre intègre.

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“Let the wise man live in his village, like the bee collects nectar without damaging the flower in its colour and in his perfume ” Pali Canon, 500 BC

Last week, we celebrated Earth Day. I cannot help but believe that the dark moments that humanity is going through have something to do with our relationship to the Earth. I am even tempted to appropriate this quip by Agron of Agrigento (5th century BC) who, while chasing away the plague that had invaded Athens with aromatic woods, exclaimed: “the epidemic comes from the air“. Not to engage in the eternal debate about the origin of this pandemic, but just to maintain that this “disease is due to an imbalance between the inside of man and the outside, his immediate environment“. Another living species in the biosphere has undoubtedly been disrupted, leading to an imbalance in the entire ecosystem. In any case, these dark moments in our history are forcing us to take a step back and show that we are ruthless towards Nature. In the last few centuries we have offered it no respite. A mad rush to grow has finally made man forget that he is not the only living species on earth. We have taxed this nourishing mother earth so much that we have already inaugurated our entry into the so-called anthropocene era, you know, this “era in which it is man, and no longer natural forces, who represents the first driving force of planetary transformations”.

We have devoted an almost divine respect to Descartes’ command to “make yourself master and possessor of nature“. It has long been the dogma on which our most revolutionary policies, our most ambitious programmes and our most banal actions have been based. Today, we must recognize that “we are no longer a small world on a big planet but a huge world on a tiny planet that has reached saturation point” (Johan Rockström, foreword « Living Planet Report 2016 Risk and Resilience in the Anthropocene », WWF, 2016, p. 5). By dint of getting tangled up in our anthropocentric theories and conceptions under the sole rut of “economicity”, we have ended up showing an unparalleled barbarity towards Nature, ignoring all its sufferings and systematically refusing to listen to it.

And in spite of the warnings it has constantly sent us and that a handful of scientists have relayed, we have continued to turn a deaf ear. Justifying our refusals by economic reasons or any other alibi, one often as absurd as the other. Today, whether we accept it or not, Nature is taking back its rights. The rights that were denied to it long ago, the rights that man has so often ignored, flouted and mistreated, are now being regained. Alas, Nature, once domesticated, is now threatening, to our great misfortune. The partial lockdown decreed in my country Senegal, even if it appears to be an appropriate measure to contain the pandemic, impoverishes a large section of the population. This population, which, through the vagaries of our economic and budgetary policies, is forced to live with the uncertainty of tomorrow on a daily basis.

What is certain is that the coronavirus will have revealed the flaws in our societies and exposed our inconsistencies and paradoxes. Another living species, moreover, comes to show us that nature needs no legal instrument, no policy, no programme to restore and maintain its balance. It knows how to take back its rights when the time comes. It has succeeded where some twenty COPs on Climate Change have failed. It has reacted where several conventions on the protection of the environment have failed to move the lines. It has made people think, where thousands of declarations and resolutions have failed to attract the slightest interest.

How many articles are we reading from the depths of our places of lockdown that herald the renewal of the elements of nature:

  • In the Paris region, we are told that the air has not been as pure for 40 years.
  • In China, NASA satellite images had shown a significant decrease in pollution, partly linked to the economic slowdown caused by the epidemic.
  • For the first time in some 30 years, the peaks of the Himalayas are visible from a distance of 200 km, allowing the people of Punjab to enjoy them.

Through this information, established or not, we have all noticed that this period of lockdown has allowed Nature to offer us, once again, all her beauty. From my so polluted Dakar neighbourhood, I can hear the birds singing again, the clouds of smoke that once proudly escaped from “Mbeubeuss” (the largest open garbage dump in the Dakar region) have given way to clouds in the sky offering me a new landscape every morning. The air, so often too hot, has become fresh, as if by a miracle.

On this day dedicated to the Earth, our reference to nature should no longer be wishful thinking. But much more. This very special context should shake up our agendas so that environmental protection programmes are no longer subject to grinding procrastination, but are once and for all executed with the same boldness as monetary policies, investment incentives and economic measures are executed. Let us sound the death knell of indifference and seek to live in harmony with our Mother Earth. For “they” cannot tell us enough: “the land does not belong to us, we borrowed it from our children”. Let us give it integrity.


28 April 2020

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